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Anna Meyre, une viticultrice dans l’air du temps

Anna Meyre est une jeune viticultrice qui vient de prendre le relais de son beau-père dans la gestion du vignoble familial.
Forte d’un master spécialisé « Manager de domaines viticoles », elle témoigne ici de son expérience sur la culture en 2016
d’une parcelle de vignes nommée La Gravette.

Anna Meyre

Viticultrice , Appellation d'Origine Contrôlée Listrac-Médoc

Ana Meyre, une viticultrice dans l’air du temps

Ana Meyre, une viticultrice moderne : parcelle La Gravette

La Gravette, est une parcelle de vigne comme bien d’autres. Et comme beaucoup sur la commune de Listrac-Médoc, elle se trouve à proximité d’habitations, avec tous les avantages et les inconvénients pour les habitants… et pour les viticulteurs !
Dans ce monde où l’on prend conscience de l’impact de la viticulture sur l’environnement, on s’aperçoit que ce n’est pas facile de changer du jour au lendemain de mode de culture.

Réduire l’impact de la viticulture sur l’environnement ?

Pour la récolte 2016, La Gravette a testé l’application de produits « bio » tels que l’essence d’orange pour espacer au maximum les traitements conventionnels malgré les conditions climatiques très difficiles du mois du juin. Ils ont bien agi (la preuve : une belle récolte au mois de septembre), et donne l’espoir de pouvoir augmenter la part des produits « bio » pour les années à venir.

La vraie difficulté a été observée au niveau du sol. Les averses orageuses ont créé des flaques d’eau stagnante, des « mouillères » en langage vigneron, partout sur la parcelle et ont favorisé la propagation des champignons, nécessitant de nouveaux traitements… Pourtant la parcelle est implantée sur un sol de graves garonnaises, bien filtrant ! Il fallait creuser dans le sens strict du terme pour comprendre ce phénomène.

Complications et solutions

Ana Meyre, une viticultrice moderne
Anna Meyre, une viticultrice moderne

La Gravette est une vieille vigne qui a été désherbée en plein dès sa plantation. Le sol n’ayant pas un brin d’herbe depuis des années s’est affaibli et s’est compacté, d’où l’apparition gênante des « mouillères ». Les racines n’ayant pas de concurrence d’herbes se sont installées largement à la surface.

Les premières tentatives d’abandonner les produits désherbants et de revenir vers le travail du sol pour le décompacter ont été décourageantes : les lames des outils arrachaient des racines et menaçaient des pieds entiers… Il fallait trouver des méthodes plus douces et adaptées à la situation. Ainsi l’enherbement temporaire de l’inter rang a été proposé. Des espèces d’herbe ont été choisies pour redonner de la vie au sol : la vesce, le triticale pour structurer le sol et pour forcer les racines de vigne à s’installer plus profondément et les trèfles pour apporter de l’azote et enrichir naturellement la terre. La première année de semis a été bien réussie : on constate, aujourd’hui, la différence entre les rangs enherbés et les rangs avec la flore sauvage.

L’herbe, pour sa part, a été broyée et incorporée dans le sol pour l’amender naturellement et laisser la place au semis suivant.

Encore des efforts… et un peu de réconfort !

Il ne restait que le dernier casse tête : que faire avec les mauvaises herbes sous les pieds ? Impossible de les laisser s’installer car trop de concurrence pour la vigne surtout en eau pendant les sècheresses d’été… Impossible de passer les outils du sol car les racines s’arrachent encore trop facilement… Impossible de revenir sur le désherbage qui fait griller l’herbe et inhibe encore la vie du sol… Surtout quand on commence à voir les premiers signes de sa guérison.

En attendant que le vignoble fasse son adaptation racinale, il ne reste qu’une solution : donner de l’huile de coude pour supprimer les mauvaises herbes, un moyen très efficace quand on est dans son jardin. Sauf que pour un petit hectare de vignes, cela fait très mal au dos !

La Gravette, une parcelle de vigne comme bien d’autres, témoigne des efforts des viticulteurs pour une viticulture plus respectueuse de l’environnement. Des efforts parfois très physiques, comme en témoigne ici Anna Meyre, une viticultrice dans l’air du temps !

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